Municipalité de 2020: Marine Le Pen lance une campagne RN et OPA pour les électeurs appropriés

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« Les vacances, c’est fini ! » Le directeur de campagne du Rassemblement national (RN, ex-FN), Gilles Pennelle, joue les chauffeurs de salle devant les candidats qui ont fait le déplacement à Paris, dimanche 12 janvier. La convention du parti lepéniste pour les municipales a enfin pu se tenir, après avoir été repoussée d’un mois pour cause de grève nationale.

A deux mois du premier tour des élections, le coup d’envoi est officiellement donné. « C’était déjà parti », relativise Arnaud de Rigné, tête de liste à Carvin, dans le Pas-de-Calais. Investi par le RN au Mans, Louis de Cacqueray-Valmenier n’a pas non plus attendu ce rendez-vous pour distribuer ses premiers tracts, « mais c’est très bien d’avoir un effet de mouvement, un coup de projecteur ».
L’occasion, aussi, de procéder à un tour de France des ambitions de l’extrême droite. Une petite dizaine de têtes de liste ont, en effet, été choisies pour dérouler leur profession de foi à la tribune. « Nous refuserons toujours de voir le fichu provençal remplacé par le voile islamique », entame Laurent Jacobelli, porte-parole du parti et candidat à Allauch, dans les Bouches-du-Rhône. « Je veux rendre Metz aux Messins (…), arrêter les subventions aux associations aspirateurs [de] clandestins », lui succède la conseillère régionale Grand-Est et tête de liste à Metz, Françoise Grolet. « La sécurité, c’est la première des libertés », poursuit Aymeric Durox, candidat à Nangis (Seine-et-Marne), avant que Marc de Fleurian, tête de liste à Calais, ne considère l’immigration comme « un fléau qui touche les populations déracinées mais d’abord et surtout les Français qui n’en peuvent plus ».

Immigration, sécurité, identité… Peu de surprises dans les thèmes de campagne annoncés. Et pour cause, « une gestion municipale n’est jamais neutre », enseigne Marine Le Pen à ses soldats locaux. « A travers les priorités que l’on met en œuvre transparaissent les choix politiques que l’on défend à l’échelon national. Alors les listes RN défendront les priorités du RN : la tolérance zéro pour les incivilités et les actes de délinquance, la lutte contre le communautarisme, la laïcité, le refus absolu de l’implantation des migrants, la baisse effective des impôts, la priorité à l’emploi local », développe la présidente du RN, derrière un pupitre affichant le slogan « Des villes et des villages au service des Français ».

Combien en convoite-t-elle en mars 2020 ? Cinquante, cent ? Aucun chiffre n’est avancé. En marge de l’événement, le maire RN de Fréjus, David Rachline, estime prudemment qu’il est « difficile de faire des pronostics, car au-delà de la force de notre mouvement politique, il y a des contextes locaux très différents ». Mais lui ne cache pas viser, au-delà de sa propre réélection, la communauté d’agglomération.

« Ensemble, faisons exploser le plafond de verre »
Effet domino ou théorie de l’inondation, peu importe le nom, la stratégie est claire : miser sur les mairies prises en 2014 – « la gestion RN, ça marche ! », ronronne la scène, des cadres locaux jusqu’à Marine Le Pen – pour en faire vaciller d’autres aux alentours. Et ce, en passant notamment par une tentative d’OPA sur l’électorat de droite assumée, dimanche, par Marine Le Pen. « J’appelle les électeurs Les Républicains [LR] à ouvrir les yeux sur les alliances de leur mouvement avec le parti d’Emmanuel Macron » dont ils sont « les marchepieds à défaut d’en être les paillassons », a-t-elle tancé, après l’appel lancé par un nouveau rallié venu de la droite traditionnelle.

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