Municipal: à Biarritz, entre amertume et romance, rupture LRM

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Un instant parfait. Sous un ciel bleu délavé strié de traces blanches, des vagues viennent s’échouer en rouleaux réguliers sur la grande plage de Biarritz, dominée par un phare immaculé. Face à la mer, le casino Art déco. Mais aussi l’Hôtel du Palais, ancienne résidence de l’impératrice Eugénie, qui donna grandeur et faste à l’élégante station balnéaire de la côte basque. Jadis, les médecins croyant aux vertus des bains de mer pour calmer les aliénés, cet endroit idyllique avait été baptisé la « plage des fous ».

C’est dans ce décor de cinéma qu’à l’approche des municipales se joue un vaudeville politico-sentimental. Pour la première fois sous la Ve République, deux membres d’un même gouvernement s’affrontent dans une même ville. Le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, 60 ans, devait officialiser sa candidature samedi 11 janvier, au trinquet de Biarritz. En mars, il défiera la liste du maire sortant (MoDem), Michel Veunac, 74 ans, sur laquelle figure, en troisième position, le secrétaire d’Etat chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, 42 ans.
Aucun des deux n’est originaire de la ville côtière : Guillaume a fait toute sa carrière politique dans la Drôme et Lemoyne dans l’Yonne. Ils se sont croisés sur les bancs du Sénat, où le premier officiait comme patron du groupe socialiste, tandis que le second, ancien collaborateur de Jean-François Copé, et anti-mariage pour tous, y a fait son entrée sous l’étiquette Les Républicains (LR). Purs produits de l’« ancien monde », ils se sont ralliés au nouveau, incarnant à eux deux le « en même temps » macronien.

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