Barcelone: ​​Valverde limogé, victime du choc de Liverpool

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Pep Guardiola, ce dimanche en Angleterre, a eu quelques mots de compassion pour l’entraîneur du FC Barcelone Ernesto Valverde. S’est-il senti responsable, bien malgré lui, du procès fait à chacun de ses successeurs de n’avoir jamais approché l’harmonie de « son » Barça ? La marque d’affection n’a eu aucun effet sur le conseil d’administration du club catalan : Ernesto Valverde a été limogé lundi 13 janvier, après que le club a fait fuiter tout le week-end l’information selon laquelle il lui cherchait un successeur. Inélégance que Guardiola et Andrès Iniesta, anciens maîtres du Camp Nou, ont publiquement déplorée. C’est peut-être le manque d’habitude : le Barça n’avait pas limogé un entraîneur en cours de saison depuis Louis Van Gaal, en 2003.

Dans la foulée, le club catalan a annoncé avoir trouvé un accord « jusqu’au 30 juin 2022 » avec Quique Setién, ex-milieu de terrain de l’Atlético Madrid (trois sélections en équipe d’Espagne en 1985-1986), qui a notamment entraîné Las Palmas et le Betis Seville ces dernières saisons.

Comme « Tata » Martino et Luis Enrique avant lui, Ernesto Valverde n’a jamais vraiment convaincu malgré les trophées, conquis dans des conditions difficiles. Le Barça, moins qu’un autre, n’accepte aucune hésitation sur son style de jeu. Il ne fut pas simple non plus, au siècle dernier, de succéder à Johan Cruyff sur le banc d’un club qui se pense au-dessus de la meute.

Valverde, entraîneur discret et apprécié, laisse le Barça en position confortable sur le papier : leader, ex aequo avec le Real Madrid, d’une Liga dont il est tenant du titre, et qualifié pour les huitièmes de finale de Ligue des champions où il affrontera Naples. Mais les apparences ne trompent pas grand monde : le dernier match convaincant du Barça remonte à des lunes. La fragilité exposée contre Liverpool en demi-finale retour de la dernière Ligue des champions – défaite 4-0 après un succès catalan 3-0 à l’aller – devient habituelle.

Ce qui était presque acceptable à Anfield l’est moins à Leganes, Prague ou Pampelune. « Le coup pris à Liverpool nous a touchés, même si nous ne voulions ni ne pouvions le reconnaître », a admis Valverde dans un entretien aux médias du club le 24 décembre, ajoutant que le traumatisme d’Anfield était lui-même une réplique de Rome, un an plus tôt – élimination 3-0 après une victoire 4-1 à l’aller, en quarts de finale de la C1.

Absence d’identité mais résultats convaincants
Le catalyseur du départ de Valverde a été la défaite en demi-finale de la Supercoupe d’Espagne, jeudi en Arabie saoudite contre l’Atlético Madrid. Barcelone monopolise le ballon, se procure une demi-douzaine d’occasions de buts et cède deux fois après la 80e minute pour s’incliner 3-2. Selon la presse espagnole, les dirigeants blaugrana y ont vu une nouvelle manifestation du symptôme d’Anfield. La remontada est une calamité inventée par le FC Barcelone et qui l’afflige désormais.

Le bilan de Valverde, photographe amateur en noir et blanc, tire sur le gris. « Txingurri » – la fourmi, en basque – avait apporté au Barça une rigueur défensive qui n’est plus ; il n’a jamais trouvé l’identité, ce qui n’est pas accessoire à Barcelone, et a remis le destin de son équipe dans les mains de Ter Stegen et les pieds de Messi, ce qui n’est certes pas un mauvais choix. Pourtant, le club catalan a conquis sous sa houlette deux titres de champion avec une large avance, frôlé une finale de Ligue des champions, alors qu’il avait perdu Neymar contre son gré et que l’équipe construite par Guardiola s’éclipsait.

Son vestiaire tenait à lui – ses contempteurs diront alors qu’il était trop faible pour impulser une nouvelle dynamique, pourtant nécessaire, et oser imposer à Messi un nouveau partenaire en attaque. Pendant que l’Argentin réclamait Neymar, Philippe Coutinho, Ousmane Dembélé et Antoine Griezmann ont tenté sans succès – jusqu’alors – de s’intégrer au trident offensif.

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